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Insolite et pittoresque, le chalet règne en maître sur l'Île

Shaw's Hotel

Signé : William Thomas

La nature y est plus belle qu’au Nouveau-Brunswick, plus apprivoisée qu’à Terre-Neuve et mieux entretenue que celle de la Nouvelle-Écosse, ou même que votre pelouse...

Formée de trois comtés aux noms évoquant la royauté – Prince, Queens et Kings – l’Île-du-Prince-Édouard est entourée d’eaux tempérées, entre le golfe du Saint-Laurent et le détroit de Northumberland. On ne peut capturer son essence qu’à travers les nombreuses particularités qui la composent. Vous pourrez y passer la nuit au phare de West Point et acheter des tee-shirts teints à l’aide de l’authentique terre rouge qui la caractérise. Vous pourrez y apprendre à jouer de la cornemuse, assister à un concert au College of Piping de Summerside ou encore observer, à Silver Bush, une jeune mariée japonaise portant les mêmes tresses et la même robe que Lucy Maud Montgomery.

Après les pommes de terre et le homard, « Anne aux pignons verts » représente la plus grande richesse de cette île. C’est tellement vrai que, lorsqu’on a demandé aux Insulaires des suggestions pour trouver un nom au pont de la Confédération – qui maintenant les relie à Cape Tormentine au Nouveau-Brunswick –, le « Pont des Pignons verts » fut l’un des choix qui rallia le plus de suffrages.

Il faut espérer que le plus imposant fouet à œufs du monde (15 pieds de haut), près de la ville acadienne de Tignish, ne se renverse pas sur le musée de la pomme de terre situé à O’Leary (MASH!), ce qui rendrait très, très nerveux le musée de l’algue de Miminegash. Le grand orgue de l’église de Tignish est si rare et sa sonorité est si lumineuse que des musiciens du monde entier viennent y donner des récitals. O’Leary, quant à elle, est bien connue pour la qualité de son golf, de son ski, de son toboggan et de ses courses de traîneaux à chien, tandis que le centre d’interprétation de Miminegash vous révélera la quantité de mousse d’Irlande que vous avez absorbée en savourant votre dernier cornet de crème glacée.

Étrange qu’une si petite île puisse se glorifier de posséder le long et magnifique Sentier de la Confédération, d’une longueur de 350 kilomètres, ou que Charlottetown, la plus petite capitale de tout le Canada, aussi appelée le « berceau de la Confédération », puisse abriter en son sein plus d’histoire et de patrimoine que plusieurs autres provinces.

Ajoutez à tout cela l’excentricité des bateaux de pêche aux couleurs vives dansant sur l’eau de ports rocailleux, à côté de piles de pièges à homard et vous aurez l’impression de vous trouver à Peggy’s Cove. De paisibles champs verts s’étendent languissants jusqu’aux plages de sable et vous avez presque toujours une rivière, un lac ou une anse à portée de vue. En clair, cette île ressemble tout simplement trop à une carte postale. On aurait dû installer autour de cette pittoresque province une clôture avec des piquets blancs et l’appeler ÎPÉville.

Lorsqu’on parcourt ses routes de campagne solitaires, ses dunes tentaculaires, ses villages de seulement quatre maisons et ses vastes champs entourés d’arbres, on a l’impression que l’Î.-P.-É est la province la moins peuplée du Canada. En fait, il s’agit de la province la plus densément peuplée du pays, même si elle fait tout pour donner l’impression d’une vaste prairie isolée, encerclée par la mer.

Et pourtant, lancez un bâton dans n’importe quelle direction et, fort probablement, il ira heurter un cottage. Nulle part ailleurs au Canada le cottage n’est aussi omniprésent. On les trouve partout, le long des baies, à l’arrière des granges, au bord des routes et des rivières, dans les bois, dans les villes et au beau milieu de nulle part. On en trouve de tous les styles imaginables, de la remise de jardin améliorée, avec des installations sanitaires au bout de l’allée, jusqu’aux chalets à cinq chambres, pouvant loger deux familles, équipées de spas et de foyers.

Et si vous vous intéressez aux cottages traditionnels de l’Î.-P.-É., vous ne pourrez trouver mieux que l’original, l’hôtel Shaw’s à Brackley Beach.

Au début des années 1800, il était courant chez les fermiers de louer des chambres aux touristes, l’été, pour arrondir leurs fins de mois. En 1860, l’Écossais John Shaw prit l’initiative, logique quoique risquée, de bâtir une auberge de cinq chambres sur sa ferme près de Rustico Bay.

C’était il y a 146 ans, à l’époque où l’Anglais Francis Mclintock étudiait le fond des océans pour y installer le très attendu premier câble télégraphique transatlantique. Bien qu’il n’y avait pas de téléphone dans les chambres de l’hôtel Shaw’s, on y trouvait un grand nombre de lampes à huile, de courtepointes et d’accessoires tissés à la main. Ils ornent de nos jours encore les chambres de l’hôtel.

En 1890, l’hôtel avait pris de l’expansion et comptait 30 chambres. Depuis lors, il n’a cessé de grandir et de s’embellir. De nos jours, l’hôtel Shaw’s compte 15 chambres d’hôtel réparties sur trois étages, toutes décorées avec le charme propre à la campagne qui entourait la ferme d’origine. Cette dernière est maintenant transformée en une suite spacieuse abritant un petit salon, un foyer et des meubles antiques. Construit aux alentours de 1860, l’hôtel Shaw’s est aujourd’hui la plus ancienne auberge gérée de façon familiale, sans interruption. Cela, je le sais car Sam, le gros et sympathique golden retriever de l’hôtel, m’a conduit à une large plaque de bronze posée sur la pelouse, sur laquelle Parcs Canada déclare l’hôtel site historique national.

Outre les 12 cottages qui encerclent le bâtiment principal de trois étages, 13 autres cottages ont été construits le long d’un chemin carrossable en terre rouge qui conduit plus bas à la baie. Fabriqués en pin ou en cèdre, particularité commune à tous les cottages de l’Î.-P.-É., les plus récents offrent plus d’intimité que les anciens et sont équipés de foyers, de cuisines complètes, de télévisions couleur ainsi que de barbecues, disposés sur les confortables terrasses qui font face à la baie.

Amoureux en lune de miel ou familles nombreuses, de plus en plus nombreux sont ceux qui louent les cottages de l’hôtel Shaw’s en hiver. D’apparence rustique à l’extérieur, ils offrent un avant-goût du raffinement qui caractérise l’Î.-P.-É. lorsque l’on voit des couples en robe de chambre, le verre à la main, flâner du spa au foyer, puis à la terrasse, où ils peuvent admirer le coucher du soleil.

En plus d’offrir des chambres exceptionnelles situées dans un environnement unique, l’hôtel Shaw’s possède un restaurant réputé dans l’île entière pour son superbe buffet de fruits de mer. Ici, de tous les produits frais de la mer – moules, clams et pétoncles –, seul le homard de l’Atlantique est servi en entrée tous les jours de la semaine. Au brunch du dimanche, une fabuleuse table de desserts est servie et de nombreux habitants du coin viennent rituellement y goûter.

Paisible et convivial, l’hôtel Shaw’s offre le logement seulement, ou un forfait incluant le logement, le petit déjeuner et le souper. Si vous en faites la demande, vous pourrez vous faire préparer un panier-repas que vous pourrez emporter pour vos excursions quotidiennes.

L’hôtel est situé au centre de l’île et vous pouvez vous rendre à Charlottetown en 20 minutes, à Summerside en 50 minutes et, plus important encore, à New London en 30 minutes : c’est là que se trouve Carr’s, qui offre les fruits de mer les plus frais de la côte Est, à quelques pas seulement des bateaux de pêche. Non loin de là, vous pourrez admirer la robe de mariage et les albums de Lucy Maud Montgomery, dans la petite maison blanche où elle a vu le jour.

Que ce soit pour vous rendre à Charlottetown, à un Ceilidh « dansant, violonant et chantant » au Benevolent Irish Society Hall, ou pour faire une excursion d’une journée à North Cape, où vous observerez les phoques et vous émerveillerez, à marée basse, devant l’une des formations de récifs les plus imposantes du monde entier, les quatre coins de l’île sont incroyablement faciles d’accès.

Vous voulez parier sur un cheval au Charlottetown Driving Park Entertainment Centre? Vous préférez faire de la bicyclette le long d’anses profondes en suivant les courants de marée? L’Î.-P.-É. est un lieu de pur plaisir, mais au rythme d’antan.

Partout vous croiserez cet humour irlandais particulier de la côte est. Un soir de la mi-octobre, après que les touristes sont rentrés chez eux, j’étais frustré de ne pouvoir trouver un restaurant ouvert après huit heures. Je dis au brave homme qui retournait les chaises sur les tables de la salle à manger : « Les gens de chez vous doivent avoir pas mal de temps libre pour dormir, pas vrai? »

« Ce serait le cas, » m’a-t-il répondu, un sourire au coin des lèvres, « si nous restions ouverts.» 

William Thomas est l’auteur de sept livres humoristiques, notamment Never Hitchhike On The Road Less Travelled. On peut se procurer des exemplaires autographiés de ses livres sur le site www.williamthomas.ca.