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Une visite à l’Île-du-Prince-Édouard, Un baume pour l’âme en ce 21e siècle

Au matin, aux environs de neuf heures, après avoir déjeuné de thé, de café et de brioches à la cannelle fraîchement sorties du four de la pâtisserie locale, nos yeux se tournent vers la baie de New London, à l’Île-du-Prince-Édouard. C’est l’heure de notre lecture matinale, mais le charme de l’Île nous a déjà séduits. Nous regardons le temps passer, de la terrasse du chalet perché sur une falaise, à 30 mètres au-dessus de la côte rocheuse. Nous sommes tellement relax que nous nous mettons à communiquer en petits ronronnements, ce que nous appelons nos « conversations à bouche fermée », une sorte de vocabulaire fait de sons que nous utilisons lorsque le décor est trop splendide pour le traduire en mots ou que nous baignons dans un état de doux contentement. Notre contemplation béate est interrompue soudainement lorsqu’un balbuzard vole directement devant nous, suspend son vol et se met à planer à la manière d’un hélicoptère, puis plonge tête première dans l’eau, attrapant dans son bec un poisson qui s’était aventuré trop près de la surface. Le balbuzard soulève sa proie de l’eau, retourne le poisson tête en avant afin de réduire le freinage de l’air, puis s’envole, sur ses gardes à cause de l’aigle des environs que nous avions vu arrachant le poisson des serres d’un balbuzard en plein vol. Puis, nous nous remettons à notre lecture et à notre contemplation silencieuse pour être à nouveau surpris, cette fois par le vrombissement du moteur d’un homardier, joliment peint en vert et blanc, qui s’en retourne au port de Stanley Bridge, de l’autre côté du virage. Ah! un véritable matin de l’Île-du-Prince-Édouard! Quel délice pour l’esprit, les sens et l’âme!

Ma femme, Marsha, et moi, avons visité et exploré l’Île pendant seize étés. Nous avons découvert le paradis des vacanciers il y a bien des années, en route pour l’île du Cap-Breton, un certain été. Mais cette année-là, nous ne nous sommes pas rendus à notre destination de départ, car nous avons suspendu notre voyage lorsque nous nous sommes trouvés à l’Île. Son charme, sa beauté et les possibilités infinies qu’il y a d’explorer la côte, les rivières, les baies et les étangs avec notre canot, nous ont ébahis. Depuis, l’Île-du-Prince-Édouard n’a jamais perdu son attrait. Notre histoire d’amour avec cette petite province n’a fait que grandir. Le premier émerveillement de nos jeunes années s’est maintenant transformé en une détente et un confort plus mûr qui émerge de notre for intérieur, un peu à l’image de l’eau fraîche qui jaillit constamment des sources des étangs de l’Île.

L’Île-du-Prince-Édouard est l’endroit parfait à visiter pour les gens de tous âges. Les jeunes familles avec des enfants barbotent dans les eaux les plus chaudes au nord de la Caroline du Nord et construisent des châteaux avec le sable fin des plages de classe mondiale. D’autres vont visiter le point d’intérêt qu’est Anne de la maison aux pignons verts. Les cyclistes font le circuit et les golfeurs font leurs coups roulés, mais nous, à mesure que nous avons avancé en âge (nous approchons les soixante-dix ans), nous avons appris à apprécier le côté plus tranquille de la nature de l’Île. L’Île-du-Prince-Édouard est une petite île; elle ne fait que 282 kilomètres d’une extrémité à l’autre. C’est un pur plaisir de circuler sur ses routes, car chaque tournant nous offre une autre occasion de prendre des photos. Rien de la conduite urbaine stressante, mais le genre de roulement lent, comme celui que nous faisions les dimanches dans notre enfance. L’eau et le rivage sont presque toujours présents sous nos yeux, tandis que les pâturages onduleux et les champs de pommes de terre, avec leurs nuances distinctes de vert luxuriant, parsèment la campagne. Des routes d’argile rouge non revêtues mènent à des endroits qui n’ont pas changé depuis cinquante ans. Ici et là, on aperçoit des granges et des maisons de ferme dont quelques-unes sont d’un gris dégradé par les intempéries et l’air imprégné de sel. Les routes de campagne mènent souvent au bord de l’eau où des camionnettes et des remorques à bateau des pêcheurs d’huîtres incitent le visiteur à arrêter et à explorer. Partout à l’Île, on peut voir des observateurs d’oiseaux et des photographes avec leurs jumelles et leurs appareils photo.

L’exploration de l’Île, soit en voiture, à bicyclette ou à pied, est une aventure des plus satisfaisantes, mais pour nous, de naviguer sur l’eau dans notre canot, comble notre désir et satisfait notre douce folie de fanatiques du maniement de la rame que nous sommes. Nous aimons ramer, et même si le nombre de kayaks semblent dépasser les canots à l’Île ces dernières années, nous nous sentons bien dans notre canot Wenonah en Kevlar de 4,8 mètres, que nous gardons toujours perché sur notre porte-bagages. Nous avons sillonné les voies d’eau de l’Île tous les étés. Le fait de nous abaisser au niveau de l’eau procure une juste proportion et perspective aux terriens que nous sommes. Élever le regard vers les falaises rouges de la côte Nord suscite une humilité bien naturelle. Nous avons pagayé en parallèle aux rivages, le long des vastes rivières qui se terminent en larges baies, sur des étangs tranquilles. Nous avons observé la diversité de la faune de l’Île : nous y avons vu des hérons, des balbuzards et des aigles, des rats musqués, des castors, des renards et même des coyotes. Nous avons exploré les voies étroites des marais salés et porté notre canot au-dessus des barrages de castors.

L’Île-du-Prince-Édouard est riche en histoire naturelle, mais son histoire sociale est également pittoresque et fascinante. Quel plaisir d’en apprendre sur le passé des peuples qui y vivent en lisant et en visitant les musées de l’Île et ses centres d’interprétation! Les Insulaires ont toujours été des gens indépendants et fougueux, tout comme la plupart des habitants des Provinces maritimes. Toutefois, les descendants de ces rudes colons sont aujourd’hui chaleureux et accueillants. Ils aiment bien partager leur maison et leurs histoires et ils aiment chanter et danser. Je crois que chaque famille élargie de l’Île a son propre joueur de violon. En voyageant autour de l’Île, nous cherchons des vestiges d’aboiteaux construits par les Acadiens, des restes de chantiers navals disparus et d’anciens moulins à eau. Nous le faisons à un rythme qui ressemble plus à celui des années 1800 qu’à celui de notre frénétique ère de l’informatique. Ce ralentissement est l’effet que produit l’Île sur nous. Elle nous entraîne dans des temps plus calmes et elle apaise les tourments et tracas que nous apporte le rythme de la vie au vingt-et-unième siècle.

Bob Gillette est l’auteur du nouveau guide Falcon intitulé Paddling Prince Edward Island (L’Île-du-Prince-Édouard en canot). Lui et sa femme Marsha ont canoté pendant quarante-neuf années et ils apprécient encore leur canotage à deux. Le couple s’est retiré à Lynchburg, en Virginie. Leurs plaques d’immatriculation parlent d’elles-mêmes : celle de Bob porte le numéro ICANOE (je fais du canot), celle de Marsha, IKANU2 (j’en fais aussi).

Visitez le site Web de Bob à : www.paddlinginfo.com